Publier du contenu sur MYM ou OnlyFans en 2026 ne ressemble plus à ce que c’était il y a deux ans. Le Sénat a voté une proposition de loi créant une infraction spécifique d’exploitation sexuelle en ligne, et les plateformes n’ont pas attendu la promulgation définitive pour modifier leurs règles internes. Pour les créateurs de contenu adulte, ces changements se traduisent par des obligations nouvelles, des contrôles plus stricts et une remise à plat des relations avec les intermédiaires.
Vérification d’identité et justificatifs sur MYM et OnlyFans : ce qui a durci
Avant même le vote du texte au Sénat, MYM et OnlyFans ont commencé à adapter leurs conditions générales d’utilisation. Le changement le plus visible pour les créateurs concerne les demandes de justificatifs.
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Là où une pièce d’identité suffisait à l’inscription, les plateformes exigent désormais des documents supplémentaires à intervalles réguliers. Preuves d’âge actualisées, consentements écrits des personnes apparaissant dans les contenus, contrats formalisés avec les collaborateurs : les demandes de justificatifs sont devenues récurrentes.
Vous avez déjà reçu un mail de votre plateforme demandant de « revalider » votre compte ? Ce n’est pas un bug. C’est le signe que les équipes de modération appliquent des procédures renforcées, souvent pilotées par des systèmes automatisés qui analysent les contenus publiés.
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Pour un créateur solo, cela signifie conserver un dossier à jour avec l’ensemble de ses pièces. Pour ceux qui travaillent à plusieurs, chaque personne visible dans une vidéo ou une photo doit avoir signé un document de consentement vérifiable.

Managers et agents de créateurs : la fin des accords informels
Le texte sénatorial cible directement les intermédiaires gravitant autour des créateurs de contenu adulte. Le terme employé dans les débats parlementaires est sans ambiguïté : certains sénateurs ont parlé de « proxénétisme 2.0 » pour désigner des pratiques où des managers prélèvent des commissions sur les revenus de créateurs qu’ils contrôlent.
La proposition de loi prévoit une peine de sept ans de prison et 150 000 euros d’amende pour les cas d’exploitation sexuelle en ligne. Les peines sont alourdies lorsque la victime est mineure.
Ce que la loi change pour la relation manager-créateur
Jusqu’à récemment, une part significative des « managers » de créateurs MYM ou OnlyFans fonctionnaient sur des accords oraux. Pas de contrat écrit, pas de plafond de commission défini, pas de cadre juridique clair.
Depuis le début des débats parlementaires, une tendance nette se dessine : les relations manager-créateur se formalisent en contrats écrits, avec des clauses de conformité légale et des plafonds de commission. Les créateurs qui travaillent avec un agent ont tout intérêt à vérifier plusieurs points :
- Le contrat précise-t-il un pourcentage de commission fixe et un plafond ? Un accord oral ne protège pas en cas de litige.
- Une clause de conformité légale figure-t-elle dans le document ? Elle doit mentionner l’interdiction de toute pratique relevant de l’exploitation.
- Le créateur conserve-t-il le contrôle total de son compte et de ses accès ? Un manager qui détient les identifiants du compte crée une situation de dépendance.
Cette formalisation protège les deux parties, mais elle vise surtout à rendre traçables les flux financiers entre créateurs et intermédiaires.
Revenus et paiements : la vigilance bancaire renforcée
Les banques et prestataires de paiement n’ont pas attendu la loi pour durcir leurs contrôles sur les comptes liés à l’activité de créateur adulte. Plusieurs créateurs rapportent des demandes de justificatifs d’activité plus fréquentes, et parfois des blocages préventifs de compte en cas de flux jugés atypiques.
Concrètement, si vos revenus MYM ou OnlyFans augmentent brutalement sur un mois donné, votre banque peut geler temporairement les virements entrants. Ce n’est pas spécifique à ces plateformes, mais les comptes associés au contenu adulte font l’objet d’une attention particulière depuis le renforcement des obligations de vigilance.
Statut micro-entrepreneur et déclaration de revenus
Rien ne change sur le plan fiscal au sens strict : les revenus issus de MYM ou OnlyFans restent soumis aux mêmes règles qu’avant. Le statut de micro-entrepreneur reste le cadre le plus courant pour les créateurs individuels.
La différence se situe en amont. Justifier la nature de son activité auprès de sa banque devient une étape à part entière. Avoir un numéro SIRET, des factures propres et un historique de déclarations régulières facilite considérablement les échanges avec les établissements financiers.

Modération de contenu sur les plateformes : ce qui se resserre
La modération automatisée sur OnlyFans et MYM a toujours existé, mais elle gagne en sévérité. Les systèmes d’intelligence artificielle utilisés pour scanner les contenus publiés produisent davantage de faux positifs, ce qui se traduit par des suppressions de contenus parfois injustifiées.
Un créateur dont le contenu est retiré par erreur doit passer par une procédure de contestation qui peut prendre plusieurs jours. Pendant ce temps, le contenu reste inaccessible aux abonnés, ce qui affecte directement les revenus.
Pour limiter ces désagréments, quelques précautions concrètes aident :
- Conserver une copie locale de chaque contenu publié, avec la date de mise en ligne et les documents de consentement associés.
- Éviter les termes ambigus dans les descriptions ou les titres de contenus, qui peuvent déclencher les filtres automatiques.
- Répondre rapidement aux demandes de vérification de la plateforme pour éviter une suspension prolongée du compte.
Créateurs MYM et OnlyFans : adapter son activité sans paniquer
La proposition de loi vise les dérives documentées (chantage, extorsion, prostitution forcée via des intermédiaires), pas les créateurs autonomes qui gèrent leur activité dans un cadre légal. Un créateur indépendant, déclaré et transparent sur ses pratiques, n’est pas la cible du texte.
Les adaptations à prévoir restent gérables : formaliser ses contrats, tenir ses justificatifs à jour, anticiper les contrôles bancaires. Le cadre se professionnalise, ce qui demande un peu plus de rigueur administrative, mais sécurise aussi l’activité sur le long terme. Les créateurs qui s’organisent dès maintenant auront moins de surprises quand le texte entrera pleinement en application.

